MAROT (CLÉMENT)

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MAROT (CLÉMENT)

Clément Marot (1496 - 1544)

Clément Marot naît à Cahors en 1496. Il passe son enfance avec sa mère à Cahors en Quercy, terre de langue d’Oc. Son père Jean Marot (1463-1526) est poète de cour, un des « grands rhétoriqueurs » de l’époque, au service de la reine Anne de Bretagne, épouse de Louis XII.

 

En 1505, alors que Clément n'a que dix ans,...

Clément Marot (1496 - 1544)

Clément Marot naît à Cahors en 1496. Il passe son enfance avec sa mère à Cahors en Quercy, terre de langue d’Oc. Son père Jean Marot (1463-1526) est poète de cour, un des « grands rhétoriqueurs » de l’époque, au service de la reine Anne de Bretagne, épouse de Louis XII.

 

En 1505, alors que Clément n'a que dix ans, son père le fait venir à Paris avec l'intention d'en faire un avocat. Peu motivé, le jeune homme accepte un emploi de page dans la maison du marquis Neuville de Villeroy (Nicolas 1er de Neuville, secrétaire des Finances de Louis XII) tout en commençant à rimer.

 

Il compose Le temple de Cupidon pour le mariage de François d’Angoulême et de Claude de France (18 mai 1514), poème allégorique remarqué à la cour. Clément entre alors comme page au service de l’influente Marguerite d’Alençon, sœur aînée de François Ier et future reine de Navarre.

 

Après la mort de son père (1526), Marot fait tout pour lui succéder comme « valet de chambre du roi » auprès de François 1 er. La charge impose d’être présent à la cour, de divertir le souverain (même sur le champ de bataille), de glorifier son règne.

 

Ses sympathies pour les idées nouvelles et la Réforme, ses fréquentations, sa grande liberté d’esprit lui attirent bien des déboires et lui font quelques ennemis irréductibles, à la Sorbonne notamment. En 1529, accusé d’hérésie, il est mis en prison. Libéré sur l’intervention de François Ier, il devient le poète attitré de la cour.

 

En 1532, Marot publie sous le titre L'Adolescence clémentine l'ensemble des poèmes qu'il a composés. Le recueil « en belle forme de livre »regroupe et classe rondeaux, épigramme, élégies, épîtres, ballades, épitaphes et chansons (destinées à la musique). L’œuvre témoigne de la belle palette des talents du poète-courtisan et annonce la Renaissance et l’esprit de la Pléiade.

 

De nouveau inquiété en 1532, puis en 1534 après l’affaire des placards (affichés jusque sur la porte de la chambre du roi au château d’Amboise), le poète se réfugie à Nérac auprès de sa protectrice Marguerite d’Angoulême devenue reine de Navarre par son remariage (1527).

 

Clément Marot ne sentant pas en sureté, se réfugie à Ferrare où il est accueilli par Renée de France, fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne. La cour ducale, une des plus brillantes de la Renaissance italienne est le refuge de nombreux protestants persécutés. Marot nommé « secrétaire » de la duchesse, y rencontre Calvin. Il traduit en français et en vers Six sonnetz sur la mort de sa dame Laure du Canzoniere de Pétrarque et écrit le premier sonnet en langue française, dédié à la duchesse de Ferrare, aussitôt imité par les poètes de l’École lyonnaise.

 

Le pape Paul III intervient auprès du duc. Marot doit se réfugier à Venise. Gracié par le roi, Marot abjure le protestantisme à Lyon en 1536 dans les mains du cardinal François de Tournon", le Richelieu de François Ier.

 

Rentré à Paris en 1537, Il retrouve le statut de poète officiel de la cour et traduit les psaumes de David en français, en vers et en strophes, pour qu’ils soient plus facilement mémorisés, afin d’être chantés.

En 1539, Marot présente au roi François Ier le manuscrit des trente premiers psaumes. Avant même d’être imprimés, ils sont chantés à la cour et dans toute la France. Le succès est considérable, autant auprès des catholiques que des protestants. Des musiciens les mettent en musique.  Comme Claudin de Sermisy et plus tard Claude Goudimel (1561) et Claude Le Jeune (1564).

Plus près de nous, à la fin du 19e siècle, Maurice Ravel met en musique deux épigrammes que Marot avait dédiés à la nièce de sa protectrice, Anne d’Alençon dont le poète s’était épris vers 1527.

 

En 1542, la réédition d’une de ses œuvres, L’Enfer, satire des gens de justice écrite après sa détention au Châtelet, lui vaut une nouvelle accusation d’hérésie. Il se réfugie alors à Genève auprès de Calvin qui l’encourage à reprend la traduction et la mise en "rimes françaises" des psaumes.

 

Il meurt à Turin en 1544, pauvre et misérable, sans avoir pu achever sa tâche. Il est enterré à l’église Saint-Jean. Son ami poitevin Lyon Jamet, secrétaire de Renée de France, lui fait élevé un monument de marbre avec épitaphe qui ont disparu.

 

Après La mort de Marot, Calvin charge Théodore de Bèze de poursuivre  son œuvre et de traduire Cent psalmes de David, imprimés à Genève. Finalement, les psaumes, chantés d’abord par les catholiques et les protestants, sont grâce à Calvin introduits dans le culte des Réformes.

 

Marot reste marquant dans notre littérature par sa vie mouvementée (rebelle et provocateur) et aussi par l’étendue de son talent. Loin de “l’élégant badinage” dont le gratifie Boileau, le poète est un des premiers à utiliser en virtuose, en français et en vers, une langue claire, forte et élégante, en quelque sorte renouvelée.

Représentative de son époque au croisement du Moyen âge et de la Renaissance, douloureusement écartelée entre traditions et Réforme, son œuvre ne se départit jamais d’une musicalité, d’un accent, que l’on trouve sous jacents à chaque rime, depuis les chansons de l’Adolescence clémentine jusqu’aux dernier psaumes.

© Didier Chagnas

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